Egypte : Des armes françaises au cœur de la répression

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Publié le 24 novembre 2020

«Nous étions sous un nuage constant de gaz lacrymogènes, et les tirs venaient des toits et des blindés
[…] Les balles pleuvaient […] J’ai vu des gens touchés à la tête et à la poitrine… »
Manifestant assurant la sécurité à l’entrée du centre commercial Tiba, permettant d’accéder au sit-in organisé sur la place
Rabaa al Adawiya, quand les forces de sécurité ont donné l’assaut le 14 août 2013, vers 6 heures du matin.
À compter du soulèvement du 25 janvier 2011, qui a marqué le début du « Printemps arabe » en Égypte,
le pays a connu une série de rebondissements politiques accompagnés de vagues de répression brutale.
La répression a atteint son paroxysme après la destitution du président Mohamed Morsi par l’armée en
juillet 2013, les forces de sécurité matant violemment des manifestations. Plusieurs milliers de personnes
sont mortes ou ont été blessées, et des milliers de journalistes, de défenseurs des droits humains et de
manifestants ont été arrêtés arbitrairement. Certaines des personnes arrêtées ont été torturées ou soumises
à d’autres mauvais traitements, et plusieurs centaines ont été condamnées à 25 ans d’emprisonnement ou à
la peine de mort à l’issue de procès d’une iniquité flagrante. Des États ont condamné les autorités égyptiennes, leur reprochant les graves violations des droits humains commises, et ont dénoncé l’impunité dont jouissaient les forces de sécurité. Or, parmi ces États, certains ont continué de fournir à l’Égypte des équipements de sécurité (dont des armes légères, des matraques,
des gaz lacrymogènes, des véhicules blindés et des hélicoptères de surveillance), qui ont servi à commettre ces violations.

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